J’arrête la fast fashion

Fabriquer un t.shirt pollue autant qu’un tour du monde en voiture

Comment imaginer que notre dressing puisse avoir un impact sur la planète ? Et pourtant, la mode est l’une des industries les plus polluantes au monde ! En cause principalement les multinationales de la fast fashion qui sortent de nouveaux modèles chaque semaine à bas prix, exploitent les travailleurs des pays les plus pauvres et fabriquent leurs produits à l’aide de processus extrêmement polluants.

Quelques informations pour une rapide prise de conscience

100 milliards de vêtements sont vendus chaque année dans le monde. Deuxième source de pollution à l’échelle mondiale, le secteur de la mode émettrait 1,2 milliards de tonnes de gaz à effet de serre par an.

4% de l’eau potable disponible dans le monde est utilisée pour produire nos vêtements. 20 % de la pollution des eaux dans le monde serait due à la teinture et au traitement des textiles.

On se débarrasse chaque année en Europe de 4 millions de tonnes de textile, dont 80 % sont jetés avec les ordures ménagères et finissent par être enfouis ou incinérés.

10 % des vêtements sont revendus en seconde main et portés une nouvelle fois et les 10 % restants sont recyclés.

A chaque lavage, les vêtements synthétiques rejettent des microparticules de plastique qui sont relâchées dans les océans.

Le coton est la principale culture consommatrice de pesticides au monde.

https://minuitsurterre.com/

L’obsolescence programmée du vêtement

La fast fashion, c’est quoi exactement ? 
La fast fashion (en français : mode éphémère ou mode jetable) est un segment de l’industrie vestimentaire qui se caractérise par le renouvellement très rapide des vêtements proposés à la vente, plusieurs fois par saison, voire plusieurs fois par mois. Les vêtements sont produits dans des séries relativement petites et les stocks sont très peu renouvelés. Ces vêtements sont ainsi destinés à être portés pendant une courte période de temps et à être vendus à un coût suffisamment bas pour que la clientèle soit fortement incitée à renouveler très fréquemment sa garde-robe et à ne pas surseoir son acte d’achat dans l’attente des soldes de fin de saison (source : Wikipédia).

La fast fashion propose donc jusqu’à 52 nouvelles collections par an, au lieu des 4 collections proposées traditionnellement par les maisons de mode. En délivrant des vêtements de mauvaise qualité (tissus plus fins, semelles en plastique non durable, coutures lâches, etc.), qui ne résisteront pas dans le temps et se déformeront au bout de quelques lavages, ces multinationales s’assurent de nous voir revenir régulièrement dans leurs magasins pour consommer ces articles bas de gamme. C’est vrai qu’il est difficile de ne pas se laisser tenter par les nouveautés proposées dans le commerce lorsqu’on aime s’habiller… mais ne devrait-on privilégier la qualité et garder à l’esprit les problèmes éthiques et écologiques que cette mode pose ?

Impact social

Ce n’est une surprise pour personne, ces vêtements sont produits en Chine, au Pakistan et bien sûr au Bangladesh. Là où les salaires sont les plus bas au monde, tout comme les conditions de travail. Les grands distributeurs de vêtements comme H&M, Zara, Primark, Mango and co. ne possèdent pas d’usines, ils se limitent à sous-traiter à des entrepreneurs locaux pour qui les normes de sécurité ne sont qu’un vague concept.

Outre l’impact écologique dû aux milliers de km parcourus par nos sweats à bas prix et à la pollution des eaux par les teintures, l’impact humain est également catastrophique. Rappelez-vous de l’effondrement du Rana Plaza en 2013. Ce bâtiment qui accueillait plusieurs milliers d’ouvriers travaillant pour les plus grandes marques de fast fashion occidentales a fait plus de 1100 morts lorsqu’il s’est effondré. Le Rana Plaza se serait écroulé sous l’effet des vibrations des gros générateurs installés sur le toit. Le bâtiment, conçu à la va-vite et sans permis, n’était absolument pas destiné à accueillir une industrie.

Lorsque l’on prend conscience des conséquences de nos achats sur la vie de personnes à l’autre bout du monde et sur la planète, on réfléchit à 2 fois avant de passer commande sur Wish, Shein ou AliExpress. Inutile pour autant de jeter immédiatement ses vêtements issus de la fast fashion. Au contraire, maintenant qu’ils sont là, essayons de les faire durer le plus longtemps possible et ensuite de les recycler.

Fabriquer un jean nécessite 250 douches

Quelques alternatives…

Une mode dite « éthique », « écoresponsable » ou « durable » plus respectueuse de l’homme, de l’environnement et des animaux, existe.

Alors comment obtenir un dressing écoresponsable ?

Consommer local
C’est à dire vérifier la provenance de ses vêtements et privilégier ceux qui sont produits en Europe où les conditions de travail et une rémunération digne sont garanties (ou du moins devrait l’être).

Privilégier les marques écoresponsables
Il va falloir lire les étiquettes et t’aider des labels tels qu’OEKO-Tex 100, Ecocert ou GOTS. Tu trouveras sous ce lien un guide des labels textiles.
Le plus simple est quand même de télécharger l’application Clear Fashion qui te permet d’évaluer l’écoresponsabilité d’une marque et d’analyser ses vêtements en scannant les étiquettes. Un peu comme Yuka, mais pour la mode.
Et pour zéro prise de tête, laisse-toi tenter par cette box de vêtements proposée par Modames qui ne contient que des articles écoresponsables. Tu y trouveras également une friperie en ligne.

Essayer le seconde-main
Good news : le vintage et la fripe ont la cote ces dernières années !
A l’instar des plateformes telles que Vinted ou OnceAgain, de plus en plus d’enseignes de seconde-main voient le jour. Pourquoi ne pas vendre les belles pièces de ton dressing que tu ne portes plus ? Et au lieu de racheter toute la garde robe de ton petit dernier qui a pris 5 centimètres, va sur Iletaitplusieursfois.com ! Ton porte-monnaie appréciera 🙂

Oser la location
Plutôt que de l’acheter, loue-le !
Je trouve cette option de plus en plus intéressante. Pour s’offrir une magnifique robe de marques pour une soirée spéciale (LGR à Genève ou Une robe, un soir sur France), porter des vêtements de qualité qui seraient hors budget à l’achat ou profiter de vêtements de créateurs le temps d’une saison afin de compléter ses basiques. Le Closet propose même des box mensuelles et sur Les Cachotières tu peux aussi proposer tes vêtements à la location

Réparer ou transformer
Ça parait évident mais prendre soin de ses vêtements pour qu’ils durent longtemps est un geste écolo. Tout comme les réparer plutôt que les jeter. Et si ton jeans ne ressemble plus à rien, transforme-le en short ou recycle-le.

Et finalement : Acheter moins en optant pour un dressing minimaliste. Utilise la méthode BISOU pour t’aider (voir ci-dessous).

La méthode « BISOU » pour éviter la surconsommation

J’utilise depuis maintenant plusieurs années la méthode BISOU dans mon dressing. Après avoir entrepris en 2017 un grand désencombrement de mes étagères en recyclant ou en donnant une grande partie de ma garde-robe : trop petit, trop grand, trop usé, trop démodé, trop pas mis depuis une éternité… j’ai découvert le plaisir d’un dressing qui ne comprend que des pièces qui me vont bien. Quel pied de n’avoir que des habits dans lesquels ont se sent confiante et quel gain de temps le matin ! Pas question de revenir en arrière donc, mais comment faire pour maintenir un dressing minimaliste ?

En utilisant la méthode BISOU : Besoin, Immédiateté, Semblable, Origine, Utilité. Pour cela, pose-toi systématiquement les questions suivantes :

B : BESOIN
A quel besoin cet achat répond-t-il chez moi ? Vient-il combler un manque d’amour, un vide, m’aider à traverser un moment difficile ? Mais suis-je certaine que cet achat aura l’effet escompté ?

I : IMMÉDIATETÉ
Ai-je besoin de cet objet tout de suite ? Lorsque tu diffères une pulsion d’achat de quelques jours, elle aura tendance à disparaitre. C’est sur ce sentiment d’urgence que jouent les Black Fridays et autres supers promos du jour. Une bonne raison de tester sa patience !

S : SEMBLABLE
Est-ce que j’ai déjà quelque chose de semblable dans ma penderie ? Est-il vraiment utile d’acheter un troisième blouson, alors que j’en ai déjà deux ? Ok celui-ci est rouge, mais mon blouson jaune ne pourrait-il pas faire l’affaire ?

O : ORIGINE
Quelle est l’origine de cette combinaison ? A-t-elle traversée les océans pour atterrir dans mon armoire ? Quelles ont été ses conditions de production ? Bref, les questions éthiques que je mentionnais ci-dessus et qu’il serait grand temps de se poser.

U : UTILITÉ
Ce body fleuri me sera-t-il vraiment utile ou vais-je l’utiliser 3 fois dans l’année ? Est-ce vraiment nécessaire d’acheter cette nouvelle robe pour le mariage de ma cousine, ne serait-ce pas l’occasion de tester la location d’habits ?

Tu l’auras compris, la méthode BISOU ne s’applique pas uniquement à la mode mais à n’importe quel achat !

infographie la méthode bisous

La méthode BISOU a été inventée par Marie Duboin Lefèvre et Herveline Verdeken, autrices de J’arrête de surconsommer! 21 jours pour sauver la planète et mon compte en banque

C’est décidé, je passe à la slow fashion

Pour aller plus loin, vas faire un tour sur le site SLOWEARE, qui a pour ambition de devenir la plateforme de référence de la mode écoresponsable.

Alors cap de regarder ton dressing en face et d’opter pour une garde-robe écoresponsable ?

7 ... Merci !

Et encore ...

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