Expérience de lâcher-prise ou comment sortir du contrôle

On t’a sûrement déjà conseillé de lâcher-prise, non ? Et j’imagine que ça t’a énormément aidé à surmonter ton problème (#ironie). Malheureusement, cette notion abstraite est devenue l’expression cliché du développement personnel. Pour autant, tout n’est pas à jeter !

Je me souviens lorsque j’essayais d’avoir un deuxième enfant, les gens me répétaient sans cesse d’arrêter d’y penser, que cela viendrait tout seul et bizarrement ils connaissaient tous quelqu’un qui était parti en vacances et qui « comme par miracle » était tombé enceinte. Non seulement ces remarques m’agaçaient, mais surtout ça me blessait car cela supposait que j’étais responsable de ce qui m’arrivait. Alors que justement, je n’avais absolument aucun contrôle là-dessus. Ma seule option était de l’accepter.

Lâcher-prise, c’est être capable d’arrêter de vouloir tout contrôler

Ce mois-ci, je voulais partager avec toi une expérience que j’ai réalisée pour mettre en pratique le lâcher-prise dans mon quotidien. Du coup, je vais te parler de moi au risque de paraître impudente.

Il y a de nombreuses méthodes pour parvenir à lâcher-prise : la cohérence cardiaque, la méditation, la pleine conscience, la visualisation… ce n’est pas de cela dont je vais te parler.

Comme je l’évoquais déjà dans cet article sur la slowlife (si tu ne l’as pas lu, je te le recommande :)), mon penchant pour le perfectionnisme me pousse souvent à vouloir que tout soit absolument impeccable… selon mes propres normes bien entendu. Pour y arriver je me mets une grosse pression sur les épaules, mais je suis également très exigeante avec mon entourage. J’ai déjà bien progressé ces dernières années pour ne pas mettre la barre trop haute et accepter les choses et les gens tels qu’ils sont, mais il me reste un problème de taille : la râlerie !

J’ai lu quelque part que « derrière nos plaintes se profile bien souvent un sentiment que tout repose sur nos épaules…

Tout d’abord, sais-tu quelle est notre plus grande source d’inspiration pour râler ? Oui, oui, ce sont bien les tâches ménagères. On est d’accord pour dire que c’est le genre d’activité qui ennuie tout le monde, n’est-ce pas ? Je me dois de le souligner, car il reste encore des hommes (pour ne pas les nommer) qui pensent que les femmes adorent ça !

L’égalité n’est pas parfaite chez les coccinelles, mais on s’en sort pas trop mal au niveau de la répartition même petit coccinelle participe (d’ailleurs lui aussi il ronchonne). Pourtant, je suis souvent exaspérée en regardant mon salon …

Expérience : semaine 1

J’ai commencé par prendre de la hauteur.
Durant une semaine, j’ai tenté de prêter attention à toutes mes râleries, mes plaintes, mes exagérations (c’est TOUJOURS moi qui fait à manger), mes ruminations. J’ai pris en particulier note mentalement des remarques que je faisais constamment à mon fils et à mon mari.

Dès que je me sentais impatiente, inquiète ou en colère, c’est bien que mes besoins n’étaient pas comblés. J’ai alors tenté de comprendre qu’elles étaient les désirs ou les croyances qui me poussaient à réagir de la sorte.

Révélations

Par rapport à mon quotidien, je constate que mon disque tourne en boucle sur : il faut ranger çi, il faut faire ça… Je m’agace de voir que les lits ne sont pas faits, les coussins du canapé en vrac, la vaisselle qui traîne (jusque dans la voiture), les pantoufles « rangées » au milieu du salon. Rien de dramatique en soi et pourtant ça me pourri la vie !

J’ai aussi réalisé que j’étais pas mal obsédée par la quantité de fruits et légumes que mon fils ingérait et en opposition la quantité de sucreries et autres cochonneries industrielles. Presque chaque jour, je lui répète « pas de boissons sucrés à table », alors que son père en boit. CQFD.

J’ai également identifié que mon besoin de fonctionner en binôme avec ma moitié peut devenir un problème, car lorsque ce besoin n’est pas comblé, je m’éloigne, je m’isole…

Un jour alors que je demandais à mon fils de ranger sa chambre et qu’il m’a regardé interloqué, j’ai pris conscience que le problème n’était pas sa chambre mais les règles que je m’imposais. Il y avait effectivement quelques legos qui traînaient sur son tapis, mais en toute objectivité sa chambre était en ordre. En fait, la fatigue se traduit chez moi par des crises de rangement. Dans ces moments-là, plus rien ne doit sortir du cadre, un rien m’agace… Est-ce lié à l’éducation ? A un idéal ? Je n’en saisis pas encore la raison, mais j’ai pu identifier que ces crises se produisaient dans les moments d’épuisement (mental ou physique).

Tu l’auras compris. Avant tout, il est indispensable de prendre du recul pour observer son comportement. Le nombre de fois où l’on râle, la raison, le contexte, la manière et de tenter de comprendre… de se comprendre !

Expérience : semaine 2

Puisque j’ai le sentiment que tout repose sur mes épaules, j’ai tenté durant cette deuxième semaine d’être passive, de laisser aller, de ne plus faire le chef d’orchestre, de ne plus être un planning sur patte.

Révélations

Le monde ne s’est pas arrêté de tourner !

Le frigo n’était pas vide. Pas très rempli non plus et avec pas mal d’aliments proscrits en temps normal, mais on a pu manger correctement. La maison n’était pas en bordel, mais pas impeccable non plus. Les obligations étaient faites. Pas à ma manière et pas suffisamment bien à mon goût, mais la semaine s’est plutôt bien passée.

Au bout de quelques jours d’agitation interne, je commençais à prendre goût à se lâcher-prise qui est très relaxant. Je ressentais une profonde détente, presque trop… comme un « jemenfoutisme », une sorte de détachement.

Lâcher-prise ne signifie pas sombrer dans la passivité !

Je me suis réveillée lorsque pour la 3ème fois mon fils est parti à l’école sans goûter. C’était à mon mari de faire les courses, mais il n’y avait rien dans les placards pour emporter une collation. Alors j’ai craqué… j’ai fait un banana bread (#syndromedelamamanparfaite) !

Expérience : semaine 3

Je (re)passe à l’action, j’arrête de râler !
Objectif : me retenir, me taire, garder mes remarques pour moi, ne plus rien exiger des autres, mais faire ce qui me semble essentiel.

Par rapport au ménage, j’ai pas mal compensé mais sans m’en plaindre. Chaque matin, je prenais du temps pour ranger la maison, faire les lits, aérer les chambres, ramasser ce qui traîne, nourrir les chats, réordonner les coussins du salon… parce que c’est à moi que cela fait du bien. Je peux ainsi commencer la journée du bon pied !

« Etre dans la plainte permanente est un moyen de ne pas grandir. De ne pas s’élever. »

Révélations

Si la place est libre, quelqu’un d’autre la prend !
Même lorsque cette place n’est pas enviable. C’est sans doute inconscient.

Je constate que mon mari est de plus en plus dans le cadrage. C’est désormais lui qui fait des remarques, qui râle parce qu’il est l’heure de manger et que je joue avec mon fils à la console, qui se plaint parce qu’il n’a plus de chaussettes ou que notre fils ne mange pas son assiette.

Il faut avouer que c’est hyper agréable de ne plus avoir le mauvais rôle !

Expérience : semaine 4

Je comprends qu’il faut que je choisisse mes combats. Il est impossible d’être sur tous les fronts, c’est bien trop épuisant ! Il est nécessaire de trouver l’équilibre entre en faire trop (et se plaindre) et sombrer dans la passivité (en acceptant que ses besoins ne soient pas respectés).

Alors lorsque les tâches ménagères sont réparties équitablement, il faut lâcher-prise sur les activités qui ne sont pas les nôtres. Tant pis si le sol n’est pas lavé avec du savoir noir ou que le frigo ne déborde pas de légumes. Si tu as validé la répartition, il faut accepter la manière de faire de l’autre et lâcher-prise ! Sinon, cela veut dire que tu acceptes de tout porter et qu’il est donc inutile de t’en plaindre 🙂 Si tu lâches-prise sur les tâches de l’autre, tu auras suffisamment d’énergie pour en dépenser autrement que sur les activités passionnantes de ménagère.

Par contre, il est indispensable de respecter les besoins des membres de son foyer au quotidien. Lorsqu’un maniaque vit avec un bordélique par exemple, la relation ne peut durer s’il n’y a pas de prise en compte des besoins de l’autre. Le maniaque aura beau essayer de ne pas se plaindre, son besoin de compenser deviendra vite infernale et le bordélique ne comprendra sans doute pas pourquoi la relation s’arrête puisqu’il n’avait pas conscience du problème !

Si ton verre est à moitié vide, prends un verre plus petit

Trouver l’équilibre pour ne plus subir son quotidien

Trouver son équilibre, s’écouter, déterminer les raisons qui nous poussent à vouloir tout contrôler, à râler ou à être dans l’excès. Faire le bilan pour identifier ce sur quoi il est possible d’agir et d’améliorer versus ce qu’on ne peut pas changer et qu’il faut accepter.

Cap de tester le lâcher-prise ?

10 ... Merci !

Et encore ...

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